Publié par Lorand le 27 janvier 2009 @ 5 h 10 min

google-prado1 Le géant du web a réalisé un musée virtuel consultable sur son logiciel Google Earth. Quatorze chefs d’oeuvre de la célèbres galerie madrilène peuvent être admirés en très haute définition depuis n’importe quel ordinateur.

Admirer les écaillures du temps sur les bras graciles des Trois Grâces de Rubens, le détail du reflet du peintre dans le miroir des Ménines de Velasquez ou le blanc lumineux du condamné des Fusillades du 3 mai de Goya, tout cela sans bouger de son écran d’ordinateur, c’est la dernière proposition de Google.

google-prado2 Le géant du web propose depuis deux jours aux internautes une visite virtuelle du musée du Prado à Madrid. Un principe tout sauf nouveau, contrairement à ce qu’affirme Google à grands renforts de communiqués de presse. Le principe du musée qu’on peut parcourir en trois dimensions existe en effet depuis les premiers CD Roms.

Mais le moteur de recherche a réalisé une innovation majeure : utiliser son logiciel de représentation cartographique Google Earth pour proposer le visionnage d’une sélection des oeuvres exposées dans le musée espagnol en très haute définition.

Sur Google Earth, l’effet est plutôt saisissant : depuis le ciel, on plonge en un instant vers l’Espagne, Madrid, puis le musée du Prado, représenté en trois dimensions. Il ne reste qu’à cliquer pour voir les 14 toiles proposées par Google, faire son choix et cliquer à nouveau pour accéder au tableau en très haute définition. Très, très haute.

 

 

google-prado3Une réponse à Microsoft ?

Selon Google, les images des oeuvres ont une résolution «à peu près de 14,000 million de pixels, c’est-à-dire 1400 fois plus précise que ce que prendrait un appareil de 10 megapixels». Ce qui permet , explique le directeur du Prado, d’observer des détails «que jamais on ne pourrait voir à l’œil nu».

Certes, répond le critique d’art Jonathan Jones, du quotidien britannique Guardian, sur son blog, mais «on rate beaucoup de choses» dans ce système, à commencer par «l’atmosphère des galleries éclairées par une lumière basse et argentée, parfaite pour admirer les oeuvres sombres de Velasquez».

Et le critique de citer Walter Benjamin, «qui estimait que la dissémination de reproductions mécaniques des d’oeuvres érodait l’aura de l’art, la magie de l’unicité qui associe un tableau à un endroit et crée le mythe du chef d’oeuvre». Une position fausse, pour Jones, puisque plus l’oeuvre est reproduite, plus sa valeur est perçue. Mais, poursuit le critique, «que se passe-t-il lorsque la technique de reproduction devient si parfaite et sa dissination si si universelle que toute personne sur terre peut aller examiner, depuis le coin de la rue, les craquelures à la surface du tableau ?».

Au-delà d’une polémique artistique quelque peu dépassée, l’affaire ressemble surtout à un joli coup de «buzz» pour Google, qui peut ainsi faire parler de son logiciel Google Earth et montrer qu’il est encore et toujours à la pointe de l’innovation en la matière d’offre de contenus numériques en ligne.

Il y a quelques mois, Microsoft frappait un grand coup en matière d’image très haute définition avec Seadragon, un système permettant des zooms et des dézooms extrêmement impressionnants (voir la vidéo ci-dessous). Avec cette exposition virtuelle, Google réplique et veut démontrer qu’il reste le leader du domaine.

 
Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

Via www.lefigaro.fr

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